Après des études à l'athénée de Saint-Gilles de 1954 à 1960, puis à l'Université Libre de Bruxelles de 1960 à 1963, Roland Delcol fréquente l'Académie des Beaux-Arts de Saint-Gilles de 1965 à 1971. En 1967 et 1968, il réalise des décors et costumes de théâtre au Ministère de la Culture. Il poursuit en 1975 l'étude de la lithographie à Milan puis à Paris et effectue des stages de faïence et porcelaine en 1978 à Moustiers-Sainte-Marie en France, à Florence en 1983.
En 1977, seulement un an après l'installation de l'atelier "Fine" à Moustiers-Sainte-Marie, malgré le poids de la tradition, lorsque l'artiste hyperréaliste belge Roland Delcol proposa ses projets de créations, il fut immédiatement compris et accepté. Cette association marqua le début d'une expérience d'intervention directe de l'artiste sur le matériau, comparable à celle de Braque, Dufy ou Miró chez Artigas et Picasso chez Madoura à Vallauris. Le créateur lui-même dut apprendre à utiliser pinceaux et couleurs, l'atelier se chargeant d'exécuter la forme, traditionnelle ou non, d'émailler la pièce et de la cuire. Afin de préserver la tradition de Moustiers-Sainte-Marie en matière de décoration, seuls les oxydes métalliques, de cuivre, de cobalt, de manganèse, etc., furent acceptés avec les contraintes que cela impose. L'utilisation des émaux de couleurs employés à Vallauris fut rejetée. Les premières pièces uniques de faïence contemporaine d'artistes allaient naître sur l'indispensable " tournette " du décorateur. Ainsi Roland Delcol fut le précurseur de nouveaux décors sur faïence à Moustiers-Sainte-Marie.
Roland Delcol réalise à partir de 1965 de nombreuses expositions personnelles, notamment à Bruxelles (à la Galerie Isy Brachot de 1969 à 1977 et au Musée Horta en 1982), Milan, Paris, Jérusalem, Amsterdam, Florence, Deauville (à l'occasion du Festival du cinéma américain), New York, Nashville (Vanderbilt University) , Wiesbaden (Wiesbaden Moderne Kunst Museum) . Il participe à des expositions collectives à Bruxelles (Galerie Isy Brachot, Musée royal d'art moderne), Londres, Paris, Munich, Mexico, régulièrement aux États-Unis, et à plusieurs des grands salons internationaux (Bâle, Dusseldorf, Cologne, Paris), (Museum Kunst Palace) à Dusseldorf, (KunstMuseum) à Bayreuth.
Des peintures de Delcol sont présentes dans les collections du Musée royal d'art moderne à Bruxelles, de Liège et de Monte Catini. Bon nombre de ses œuvres (n° 48 à 71 et n° 72 correspondant à des tableaux, faïence, lithographies et sérigraphies) figurent dans le legs "Irène Scutenaire-Hamoir" au Musée royal d'art moderne de Bruxelles
« Dans ce que l'on a déjà vu, il faut rechercher le non visible, le jamais vu », écrit Roland Delcol. Il n'est pas besoin pour lui d'imagerie exotique : « le choc, le surprenant vient simplement du quotidien, peint d'une manière réaliste », à tel point qu'il ne donne jamais de titres précis à ses peintures. « Aussi bien qu'une confrontation de réalités différentes, le surréel peut être la confrontation d'une seule réalité avec elle-même », notait Louis Scutenaire, qui s'affirmait « delcolique invétéré ». Dans chacune des toiles, des dessins ou des lithographies de Delcol, toujours une femme est, comme il l'écrit lui-même, « là où on ne l'attend pas », sa nudité comme naturellement accessible aux regards de ceux qui l'entourent comme à ceux des spectateurs, et Delcol évoque dans ses réflexions Giorgione, Manet, Renoir, Picasso, Magritte et Delvaux. « Le surréalisme représente réellement des objets irréels. Je peins la femme, objet réel, d'une manière irréelle », écrit encore Delcol. Au-delà de Scutenaire, présent dans de très nombreuses œuvres, ses dessins et peintures associent fréquemment, dans des séries d'hommages, le nu féminin à la figuration de personnalités artistiques, Magritte ou Paul Delvaux, Picasso ou Alfred Hitchcock. Son œuvre, a-t-on dit pour résumer, hisse la sexualité au niveau de l'esprit.
Gilles Deleuze dit de lui, "...Croyez bien que je ne cherche pas à vous proposer une sorte de paradoxe idiot, ni à faire le malin, mais ce qui m'émeut tant dans cette peinture, c'est l'intensité avec laquelle vous atteignez au regard de vos personnages. Évidemment, ce n'est vrai que de certains tableaux. Mais tout le réalisme (de quelque nom qu'on le nomme) de la construction me semble une organisation, d'ailleurs complexe, qui arrive au regard et à partir de ce qui n'en a pas ou n'en a plus. Même les paupières baissées (le plus souvent des hommes) ne cachent pas, mais succèdent à, ou précèdent un regard si lourd...Je vous remercie de connaître un peu de votre œuvre, et vous dire mon admiration..."
Dans une lettre adressée à Delcol, André Thirion écrit,"...Vos compliments s'adressent à la mémoire de Stéphane Lupasco. C'est celui qui a fait depuis Benedetto Croce la critique la plus pénétrante et la plus dure de la logique de Hegel,cette extrapolation universitaire et germanique de l'éblouissante vision d'Hèraclite. Je vous souhaite du succès. Armez-vous de patience. Les médias préfèrent à tout la médiocrité qui ne dérange pas et le sensationnel de bazar..."
Pour Felix Labisse, " La demoiselle de Delcol est un cheveu blond dans la soupe des Tartufe(s) qui tombent des nues. Elle a une manière très personnelle de mettre à toutes les sauces ses seins lourds, son nez en trompette et ses fesses de cycliste. Pulpeuse, ingénue, comestible, impudique, attentive, disponible, silencieuse, diligente, hygiénique, cette Fée du logis propose une rêverie permanente affranchie de toute complication érotique.Cependant, si le diable me la faisait rencontrer un soir dans la pénombre marécageuse d'une salle de billard de sous-préfecture."
" Ce n'est donc pas sans raison que je rends hommage à votre jeune et merveilleux talent.", écrit Armand Simon. " Le vocable " merveilleux " que j'utilise ne possède rien de littéraire-ce n'est pas un cliché à l'emporte-pièce- mais je ne puis qualifier autrement ce qui appartient au domaine des merveilles. Je vous souhaite, tout le succès que vous êtes en droit d'attendre lequel sans doute vous est déjà dorénavant acquis -. Je ne suis guère un exégète de quoi que ce soit. Le peu de vanité qui me peut encore demeurer inhérente, m'incite toutefois à songer que vos peintures, que tout votre Art est voué à la durée."
Si pour Pierre Perret, les culs de Delcol " ont le langage du génie! celui "à la rose" splendeur!". Fred Zeller quant à lui a pris connaissance avec intérêt du livre de Louis Scutenaire sur sa peinture qu'il connaissait déja ,"...J'apprécie ton art," lui dit-il," ton humour et la perfection du dessin qui fait tant défaut de nos jours. Les peintres d'aujourd'hui ne savent plus dessiner mais veulent tous, après deux ou trois ans de coloriages entrer au musée du Louvre !"
"La demoiselle de Delcol est un cheveu blond dans la soupe des Tartufes qui en tombent des nues. Elle a une manière très personnelle de mettre à toutes les sauces ses seins lourds, son nez en trompette et ses fesses de cycliste. Pulpeuse, ingénue, comestible, attentive, disponible, silencieuse, diligente, hygiénique, cette Fée du Logis propose une rêverie permanente affranchie de toute complication érotique."
« Je suis médusé par ceux qui, devant les toiles de Delcol, parlent de vulgarité, pornographie, sex-shop, étalage de viande ou tripailles. C'est aussi faux, aussi bête de s'exprimer de la sorte que penser à des bondieuseries en voyant Mantegna, art de la guerre devant les cavaliers d'Uccello, boulangerie à propos de la Fornarina, vertèbres devant la Grande Odalisque. »
« Delcol est le Sigmund Freud de la peinture : plus de mystère sous les jupes, mais sous les yeux joli con bien ourlé. »
« Puisque j'écris autant pour dire la vérité que pour me divertir, je note ici qu'en cyclisme il y eut Zimmerman, Coppi, Van Looy, Merckx, et puis bon nombre d'artisans du vélo. En peinture, il y eut le primitif verts sur verts du Prado, Uccello, le Douanier Rousseau, Magritte, Delcol, et puis de multiples artisans du pinceau. »
"...J'écrirai avec plaisir quelques lignes sur Delcol, à moins que je sois assez avantagé pour avoir un nombre un peu plus grand d'oeuvres, d'ici l'automne.J'ai trés vite marché en sa faveur: ses intentions nous intéressent. Pas besoin de s'expliquer." : E.L.T. Messens
" J'aime en particulier vos dessins sur toile." : Iris Clert
" Cher Monsieur Delcol, Merci de penser à moi. J'adore ce que vous faites car cela me parle immédiatement à l'âme et à l'esprit. J'aimerais avoir une oeuvre de vous dans ma vie. Mais comment faire: je n'envisage pas pour l'heure de me rendre en Belgique? Existe-t-il des catalogues détaillés de vos tableaux? des diapos? J'adore aussi votre couverture du catalogue avec le " Divin " Scut que j'admire à n'en plus pouvoir. Dites à nos amis que je me reconnait dans l'infraréalisme, farouchement. De tout coeur." : Frédéric Dard